La soumission, un art d’aimer

Lilas et moi sommes en couple, et nous formons également un couple D/s (et BDSM) à part entière. Nous sommes autant aimants qu’amants. Nous partageons nos soucis quotidiens et menons une « vraie » vie de couple, mais notre sexualité est (presque) exclusivement orientée vers la domination et la soumission. Il nous arrive parfois de faire l’amour de manière tendre, complice et amoureuse… Mais nos rapports BDSM offrent également cet aspect, le contiennent déjà.

Il va de soi que chaque couple est différent, et qu’il n’existe aucune recette miracle. Qu’on ne lise donc pas ce billet comme une marche à suivre, mais comme la présentation de ce qui fonctionne dans notre couple, la manière dont nous lions toujours plus étroitement notre rapport de Maître à soumise – et de couple également.

Au début de notre relation, l’aspect BDSM occupait un certain espace, mais celui-ci s’est étendu avec le temps. Aujourd’hui, au fil de nos découvertes (pluralité, club, fouet, etc.), notre relation D/S s’est trouvée étoffée et équilibrée. Nous avons donc instauré un vouvoiement constant de la part de Lilas sitôt que je la touche ou la caresse d’une manière où elle sent poindre du désir. De la même façon, elle entreprend de me vouvoyer dès qu’elle s’exprime en qualité de soumise – que ce soit pour exprimer un désir, parler du blog, de photos ou de nos prochaines expériences. Cette règle est bénéfique pour notre couple et pour notre sexualité. Elle nous permet d’immédiatement placer le cadre de notre relation, de sortir du « simple couple » pour entrer de plain-pied dans celui de la soumission.

Pour aller plus loin et instaurer une soumission « permanente », Lilas et moi échangeons des messages par une messagerie instantanée spécifique. Sur celle-ci, elle se comporte en soumise, m’appelle correctement Maître, me vouvoie et reste polie. Elle se doit d’y être excitante et constamment offerte, de la même manière que ce que j’attends d’elle dans son comportement de soumise quand nous sommes physiquement ensemble.

Depuis quelque temps, nous avons aussi instauré le port du collier de manière quotidienne. Certes, celui qu’elle porte dans la vie de tous les jours est bien plus discret que son vrai collier de soumise, mais il n’en demeure pas moins qu’elle le porte. À la maison, elle doit arborer en permanence l’un de ses vrais colliers. Elle ne quitte ainsi pas le potentialité d’être utilisée quand bon me semble, sans compter que l’excitation est permanente.

Par contre, le reste de nos pratiques, même si elles évoluent (nous aimons les découvertes), ne change pas. Nous nous concertons pour chaque expérience différente. Nous sommes toujours en accord sur ce qui nous excite ou non. Lilas fait souvent des efforts pour me suivre dans mon excitation, mais je n’exige en aucun cas de sa part de renoncer à ce qu’elle est vraiment, ni de faire l’impasse sur ses craintes. Ces derniers temps, Lilas a fait trois expériences différentes en l’espace d’une semaine (une T-girl, un club BDSM où elle s’est fait fouetter et une aventure d’une après-midi avec une copine dont le récit suivra). Nous en avons discuté et, malgré sa position de soumise, je n’abuserai pas de ses ressources – même si je la sais très obéissante et dévouée.

Notre modèle de couple n’en est pas un. C’est une des infinies manières de vivre au quotidien et avec la personne qu’on aime une relation pleinement BDSM ou D/s. Elle comme moi ne pensions pas auparavant qu’une telle relation était possible… Jusqu’à ce que nous nous rencontrions. Nous vous souhaitons de pouvoir vivre la même chose.

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